Tierce maintenance applicative (TMA) : définition, contenu d’un contrat et prix
L’essentiel en 30 secondes
- La TMA, ou tierce maintenance applicative, consiste à confier à un prestataire externe la maintenance d’un logiciel, d’une application ou d’un site : corrections, mises à jour et évolutions.
- Elle couvre quatre types de maintenance : préventive, corrective, évolutive et adaptative. Le contrat doit dire lesquels sont inclus.
- Un bon contrat fixe des délais d’intervention par niveau de gravité, un rapport régulier et une réversibilité : le droit de partir avec votre code et votre documentation.
- Côté prix, la règle empirique la plus citée situe la maintenance annuelle entre 12 et 18 % du coût de développement initial.
Votre application ou votre site fonctionne. Qui s’en occupe maintenant ? C’est la question à laquelle répond la TMA. Le sujet paraît technique, mais la décision est d’abord contractuelle : ce que le prestataire s’engage à faire, en combien de temps, et à quel prix. Voici ce qu’il faut savoir avant de signer, sans jargon inutile.
TMA : définition
La tierce maintenance applicative est la maintenance d’une application assurée par un prestataire extérieur à l’entreprise, le « tiers ». Le cahier des clauses administratives des marchés publics informatiques (CCAG TIC 2021) en donne une définition utile : des prestations « qui consistent à conserver un système d’information dans un état lui permettant de remplir sa fonction ». Elles relèvent du maintien en fonctionnement et de la sécurité, à titre préventif ou correctif, et peuvent inclure des évolutions.
Concrètement, le prestataire connaît votre application, applique les mises à jour, corrige ce qui casse et réalise les améliorations demandées, dans un cadre fixé à l’avance.
TMA, infogérance, hébergement, support : quelles différences ?
| Prestation | Ce qu’elle garantit | Exemple |
|---|---|---|
| Hébergement | Que le serveur est allumé et connecté à internet | Votre hébergeur redémarre une machine en panne |
| Infogérance | L’exploitation de tout ou partie de votre informatique | Gestion des serveurs, des sauvegardes système, du réseau |
| TMA | Que l’application elle-même fonctionne et évolue | Corriger un bug de commande, appliquer une mise à jour de sécurité, ajouter une fonction |
| Support utilisateur | Une réponse aux questions des utilisateurs | Expliquer comment exporter un rapport |
La Fabrique du Net le résume ainsi : votre hébergeur garantit que le serveur fonctionne, il ne garantit pas que votre application fonctionne. Le commentaire de l’article 38 du CCAG TIC précise de son côté que la TMA ne couvre pas l’exploitation du système, qui relève de l’infogérance. Les deux se combinent souvent, mais ce ne sont pas les mêmes engagements, et il vaut mieux savoir qui fait quoi le jour où le site tombe.
Les quatre types de maintenance
La norme internationale de référence, ISO/IEC/IEEE 14764, définit les types de maintenance d’un logiciel. Les contrats français reprennent en général les quatre catégories du CCAG TIC :
| Type | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Préventive | Entretenir pour éviter les pannes | Mises à jour, sauvegardes, surveillance, contrôle des versions de PHP |
| Corrective | Corriger une anomalie constatée | Le paiement échoue après une mise à jour d’extension |
| Évolutive | Faire évoluer l’application | Ajouter un export comptable, une page, un nouveau mode de livraison |
| Adaptative | Suivre un changement d’environnement | Passer à une nouvelle version du serveur, d’un navigateur ou d’une API tierce |
Ce tableau n’est pas qu’un exercice de vocabulaire. La Fabrique du Net note que la confusion entre ces types est « fréquente et source de nombreux litiges » dans les contrats de TMA. Le cas typique : vous pensez qu’une évolution est comprise dans le forfait, le prestataire la considère comme hors contrat. Exigez que le contrat dise noir sur blanc ce qui est inclus, et comment le reste est facturé. Pour un site WordPress, notre article sur la maintenance préventive et curative WordPress détaille les deux premiers types.
Ce que contient un contrat de TMA
Le périmètre et la prise en main
Quelles applications, quels environnements, quels types de maintenance. Si le prestataire n’a pas développé l’application, le contrat prévoit une phase de prise en main : lecture du code, de la documentation, accès aux serveurs. C’est normal, et c’est même un bon signe qu’elle soit prévue.
Les niveaux de service
Les délais se fixent par niveau de gravité. Deux indicateurs reviennent : la GTI (garantie de temps d’intervention), délai entre votre signalement et la prise en charge par un technicien, et la GTR (garantie de temps de rétablissement), délai pour remettre le service en état, au besoin avec une solution provisoire. Voici les repères donnés par La Fabrique du Net :
| Gravité | Exemple | Repère courant |
|---|---|---|
| Critique (P1) | Le site ou l’application est inaccessible, les commandes ne passent plus | Intervention en 1 h, rétablissement en 4 h |
| Majeure (P2) | Une fonction importante est en panne, avec un contournement possible | Délais intermédiaires, à négocier |
| Mineure (P3) | Un défaut gênant mais sans impact sur l’activité | Intervention sous 48 h acceptable |
Un délai sans pénalité reste un simple souhait. La Fabrique du Net cite d’ailleurs comme signal d’alerte un prestataire qui refuse des niveaux de service contractuels avec pénalités.
Le pilotage et la qualité
Un plan d’assurance qualité décrit l’organisation : outil de suivi des demandes, circuit de validation, environnement de test avant la mise en production. Ajoutez un rapport régulier (mensuel le plus souvent) qui liste les interventions, les incidents et les mises à jour réalisées.
La réversibilité
C’est la clause qui évite la dépendance : en fin de contrat, le prestataire restitue le code, la documentation et les accès, et transfère ses connaissances à vous ou au prestataire suivant. Sans elle, changer de prestataire coûte cher : le nouveau doit d’abord récupérer les accès, auditer le code et s’approprier le projet.
Le mode de facturation
| Mode | Principe | Pour qui |
|---|---|---|
| Forfait mensuel | Un prix fixe pour un périmètre et des niveaux de service définis | Les applications qui doivent fonctionner tous les jours : budget prévisible |
| Carnet de tickets ou d’heures | Un volume d’unités acheté d’avance, décompté à chaque intervention | Les besoins irréguliers ; moins de garantie de disponibilité |
| Régie | Du temps facturé au jour ou à l’heure | Les évolutions importantes, en complément d’un forfait |
Combien coûte une TMA ?
La règle la plus citée rapporte la maintenance au coût de développement : selon La Fabrique du Net, une agence facture généralement un contrat de maintenance annuel de 12 à 18 % du coût initial. C’est une règle empirique, pas une étude : elle sert à vérifier qu’un budget n’a pas oublié la maintenance, pas à calculer un devis.
Pour la part facturée au temps, voici les repères du marché :
- freelance back-end expérimenté : environ 560 € par jour en moyenne sur Malt, 507 € pour un développeur PHP ;
- petite agence (5 à 15 personnes) : de 550 à 800 € par jour, selon La Fabrique du Net ;
- agence premium ou ESN : souvent plus de 900 € par jour.
Ce qui fait varier le prix : la taille et l’ancienneté de l’application, la qualité de sa documentation, le nombre de logiciels tiers auxquels elle se connecte, les délais d’intervention exigés et la présence ou non d’une astreinte le soir et le week-end.
Pour un site WordPress ou WooCommerce, nous proposons une maintenance et TMA WordPress au forfait mensuel ; le détail des prestations figure sur la page. Pour une application développée sur mesure, la TMA se définit avec le projet : voir notre page application métier et logiciel sur mesure.
Un exemple : la TMA d’une boutique en ligne
Pour Mille Oreillers, fabricant d’oreillers naturels, la boutique repose sur WordPress, WooCommerce, Elementor et des extensions d’expédition, de filtres, de traduction et de cartes cadeaux. Notre rôle couvre la maintenance préventive, corrective et évolutive : mises à jour appliquées après sauvegarde puis contrôle de la boutique (préventive), corrections rapides quand une commande est gênée (corrective), et petites améliorations au fil des demandes de l’équipe, plutôt que des refontes (évolutive).
La TMA ne suppose pas d’avoir créé le site. Le site de Pièces Auto a été développé par un autre prestataire : nous l’avons repris avec ses propres outils, sans tout refaire. Nous maintenons aussi des boutiques PrestaShop, comme celle de Vina Domus.
Les questions à poser avant de signer
- Quels types de maintenance sont inclus dans le forfait, et comment le reste est-il facturé ?
- Quels délais d’intervention et de rétablissement, pour quel niveau de gravité, et avec quelles pénalités ?
- Qui détient le code, les accès et la documentation, et que se passe-t-il en fin de contrat ?
- Les mises à jour sont-elles testées avant d’être appliquées ? Y a-t-il une sauvegarde avant chaque intervention ?
- Quel rapport recevrez-vous, et à quelle fréquence ?
- Qui répond quand vous appelez : la personne qui connaît votre application, ou un standard ?
Votre application a besoin d’un suivi ?
Expliquez-nous ce que fait votre site ou votre application et ce qui vous inquiète. L’un des deux associés vous répond avec une proposition de périmètre et de niveaux de service.
FAQ
TMA signifie tierce maintenance applicative : la maintenance d’une application ou d’un logiciel confiée à un prestataire externe, le « tiers ». Elle couvre les corrections, les mises à jour et les évolutions.
L’infogérance porte sur l’exploitation de l’informatique (serveurs, réseau, sauvegardes système). La TMA porte sur l’application elle-même : son bon fonctionnement, ses corrections et ses évolutions. Les deux peuvent être confiées au même prestataire, dans un même contrat ou dans des contrats distincts.
Quatre types sont couramment distingués : préventive (éviter les pannes), corrective (réparer une anomalie), évolutive (ajouter ou modifier des fonctions) et adaptative (suivre un changement d’environnement technique).
La règle empirique la plus citée situe la maintenance annuelle entre 12 et 18 % du coût de développement initial. Le prix réel dépend du périmètre, des délais d’intervention exigés et de l’état de l’application au départ.
C’est l’engagement du prestataire à restituer, en fin de contrat, le code, la documentation et les accès, et à transférer ses connaissances. Elle vous permet de changer de prestataire sans repartir de zéro.
Sources
- Wikipédia : tierce maintenance applicative
- CCAG TIC 2021, article 38 : maintenance, TMA et infogérance
- La Fabrique du Net : créer un plan de maintenance logicielle
- La Fabrique du Net : tarifs du développement web
- ISO/IEC/IEEE 14764:2022 : maintenance du logiciel
- Malt : baromètre des tarifs des développeurs back-end
- Malt : baromètre des tarifs des développeurs PHP